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PSA 9 ou PSA 10 : est-ce que le regrading vaut vraiment le coup ?
Vous avez soumis votre carte en espérant un PSA 10, et vous avez reçu un PSA 9. La déception est réelle, surtout quand on sait que l’écart de valeur entre les deux notes peut être énorme sur certaines cartes. Alors la question arrive naturellement : est-ce qu’on remet la carte en jeu pour tenter le PSA 10 ? Ce qu’on appelle le regrading est une pratique courante dans la communauté, mais elle est loin d’être sans risque.
Pourquoi l’écart PSA 9 / PSA 10 est si important
Sur une carte commune ou peu demandée, la différence entre un PSA 9 et un PSA 10 est souvent marginale, de l’ordre de 10 à 30 %. Mais sur les cartes rares, les Full Art, les Illustration Rare ou les éditions vintage très demandées, l’écart peut être spectaculaire.
Un Dracaufeu Base Set PSA 9 peut valoir 5 000 euros. Le même en PSA 10 dépasse les 30 000 euros. Sur une Carte Secrète récente, le PSA 9 se négocie à 80 euros là où le PSA 10 atteint 300 à 400 euros. C’est cet écart qui pousse certains collectionneurs à tenter le regrading malgré les risques.
Comment fonctionne le regrading concrètement ?
Pour regradar une carte, il faut d’abord « cracker le slab », c’est-à-dire ouvrir l’étui rigide dans lequel la carte a été scellée. Cette opération se fait avec un cutter ou des outils spécifiques, en faisant très attention à ne pas toucher la carte. C’est une manipulation délicate que beaucoup confient à quelqu’un d’expérimenté plutôt que de la faire eux-mêmes.
Une fois la carte récupérée, elle est resoumise à la société de gradation comme n’importe quelle autre carte. Et c’est là que commence le vrai risque.
PSA et les autres sociétés n’ont aucune obligation d’attribuer une note égale ou supérieure à la précédente. La carte repart de zéro à chaque soumission.
Les risques que personne ne vous dit clairement
Le regrading comporte plusieurs risques réels qu’il faut peser avant de se lancer :
- Obtenir une note inférieure : votre PSA 9 peut devenir un PSA 8 ou pire. Les critères d’évaluation évoluent et les gradeurs ne sont pas toujours les mêmes d’une soumission à l’autre.
- Endommager la carte au crackage : si vous n’avez pas l’habitude, ouvrir un slab peut rayer ou plier la carte. Le bénéfice du doute disparaît.
- Payer des frais deux fois : gradation, envoi, douane éventuellement… tous ces frais se cumulent et réduisent la rentabilité de l’opération.
- Perdre du temps : les délais PSA peuvent dépasser plusieurs mois. Pendant ce temps, le marché peut évoluer à la hausse comme à la baisse.
Dans quels cas le regrading a du sens ?
Il existe des situations où le regrading est une décision raisonnable et non un pari impulsif :
- Quand la valeur d’un PSA 10 justifie largement le risque et les frais. Si le PSA 9 vaut 500 euros et le PSA 10 vaut 3 000 euros, le regrading a clairement un sens économique, même en acceptant le risque de rétrograder.
- Quand vous pensez sincèrement qu’il y a eu une erreur d’évaluation. Une carte notée PSA 9 alors qu’elle semble visuellement parfaite peut mériter une seconde chance.
- Pour changer de société de gradation. PSA propose des services de « crossover » permettant de faire certifier des cartes d’autres sociétés directement dans un slab PSA, à condition que la note soit jugée équivalente.
Le calcul à faire avant de décider
Avant de cracker quoi que ce soit, posez-vous cette question : en partant du scénario le plus pessimiste où vous obtenez une note inférieure, est-ce que l’opération reste acceptable financièrement et émotionnellement ?
Faites le calcul : valeur actuelle du PSA 9, valeur espérée du PSA 10, frais totaux de l’opération (crackage + nouvelle soumission + envoi), et valeur dans le pire cas si vous descendez à PSA 8. Si le risque vous semble supportable dans ce scénario négatif, le regrading peut être envisagé.
Dans la grande majorité des cas, conserver son PSA 9 et passer à la carte suivante est la décision la plus raisonnable. Mais pour les cartes rares à fort potentiel, le regrading reste un outil légitime dans la boîte à outils du collectionneur sérieux.